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Théâtre Cricot 2

>En 1955, Tadeusz Kantor fonda le Théâtre Cricot 2. Tout au début le théâtre fonctionnait dans la salle de l’Association des Artistes Plasticiens et ensuite (a partir de 1961) dans les sous-sols médiévaux du Palais Krzysztofory. En 1980, Tadeusz Kantor quitta la Galerie Krzysztofory et les autorités de la Ville de Cracovie offrirent a Kantor des locaux rue Kanonicza 5, pour y installer les archives du théâtre. Toutefois, le Théâtre Cricot 2 n’a jamais existé en tant que structure institutionnelle.
Dans les années 1955-1973, Kantor présentait des spectacles qui restaient intimement liés aux étapes successives de sa création en tant que peintre; les themes de ses spectacles renvoyaient essentiellement aux pieces de Witkacy. Il créa le premier spectacle - „La Pieuvre” – conjointement avec Maria Jarema. Les spectacles suivants étaient, quant a eux, des ouvres strictement personnelles assortis de commentaires théoriques. Les personnages et l’intrigue des drames de Witkacy constituaient plutôt un prétexte pour illustrer les idées importantes, au moment précis de l’évolution artistique de Tadeusz Kantor, idées qu’il définissait dans ses manifestes. Tel avait été le cas des spectacles „Dans le petit manoir” (1961) - „Théâtre Informel”; „Le Fou et la Nonne” (1963) – „Théâtre Zéro”; „La Poule d’eau„ (1967) – „L’idée du Voyage”; „Les Mignons et les Guenons (1973) – „Théâtre Impossible”.
En 1975 eut lieu la premiere représentation de la „Classe morte”, spectacle qui est devenu la légende du théâtre mondial. L’explication théorique des conceptions et idées de l’artiste ont été présentées dans le „Manifeste du Théâtre de la Mort””. Pour Kantor, c’était aussi le début du théâtre de la mémoire. Il considérait sa création et son ouvre comme étant un Long et Dangereux Voyage vers l’Inconnu. En 1980, dans son spectacle „Wielopole, Wielopole” Kantor fait revivre sur scene le temps de son enfance. Les destins de ses proches se melent aux personnages et aux événements de la Bible qui sont aussi complétés par les clichés de l’histoire. En 1985, son théâtre, qu’il appelait alors Baraque de Foire, présenta un nouveau spectacle, intitulé „Qu’ils crevent les artistes”. Sur la scene Kantor parle de la mort, du fonctionnement de la mémoire, de l’acte créateur, du destin de l’artiste et de l’ouvre d’art.
Dans „Je ne reviendrai jamais”, réalisé en 1988, il revient au spectacle qu’il avait préparé sous l’occupation allemande, „Le retour d’Ulysse“ et qui se déroule dans la machine détruite de la mémoire – dans les bancs de la „Classe morte”. L’artiste met en scene son mariage auquel il invite les personnages du Theâtre Cricot 2; il présente a cette occasion le manifeste émouvant sur la création et sur la douleur qui accompagne l’écoulement de la vie. Le spectacle se termine –  avec, comme fond musical, la „Marche de Rakoczy“ de Berlioz – par le Grand Emballage de la fin du XXeme siecle – les objets et les personnages de son théâtre sont couverts de bâches noires. Mais ce ne sont pas encore les adieux définitifs de Kantor avec la scene et la création.

Des 1989, il travaille sur un nouveau spectacle „Aujourd’hui c’est mon anniversaire”. Dans le texte de spectacle, l’artiste avait écrit:
Ma vie, mon destin,
s’identifiaient avec mon ouvre.
Ave l’ouvre d’art.
Ils se réalisaient dans mon ouvre.
Et ils y trouvaient leur solution.
Ma MAISON, c’était et cela reste mon ouvre.
le tableau, le spectacle, le théâtre, la scene.

Dans cette partie du site vous trouverez les extraits des programmes des différents spectacles et des textes théoriques de Tadeusz Kantor.

Rédaction scientifique : Anna Halczak